Jouer Bach n’est pas donné à tout le monde. Alexandre Astier peut se le permettre. En effet, on découvre un fin connaisseur du compositeur. Armé d’une solide formation musicale, il peut aussi parfaitement jouer du clavecin et de la viole de gambe, ses deux compagnons de scène. Mais l’acteur retrouve ici sa marque de fabrique : un humour anachronique. Démystificateur, plutôt qu’admirateur fanatique, il montre Bach sous un nouveau jour : perfectionniste et arrogant, bougon ou triste, hilarant dans ses contradictions. Celui qui n’a jamais cessé d’exprimer sa ferveur au culte luthérien, écrivant des messes et cantates inouïes de dévotion, grogne ici contre Dieu. Il a tout de même enterré dix enfants sur les vingt qu’il a eus !
Un spectacle drôle et intelligent en forme d’hommage parodique. Un véritable moment de plaisir en très bonne compagnie.