Saison 2010

Théâtre

Retour à la page précédente 

Bab et Sane

Un étonnant théâtre du pouvoir à huis-clos, par deux puissants comédiens et conteurs africains. De ceux qui expriment le suc d’une langue avec jubilation.
Un histoire inspirée d’un fait réel, texte magnifique de René Zahnd, qui plus est ponctué d’humour, sur les rapports de domination.


Cloîtrés à l'intérieur d'une luxueuse maison de Lausanne – baptisée, quelle ironie, la Villa Paradis ! – par peur d'éventuelles représailles après la chute du dictateur au pouvoir dans leur pays
natal, propriétaire des lieux, les deux gardiens organisent leur survie. Et tentent d'imaginer l'avenir…


Dans une langue ciselée et incisive qui ne manque pas de sel, le texte s'amuse de l'attente des deux hommes, de ce temps détraqué qui s’écoule ou trop vite ou trop lentement à leur gré, au
rythme des vivres et de l’eau qui commencent à manquer, des bouteilles de grand vin qu’on remonte de la cave, des rares sorties pour aller discrètement à l’épicerie du coin…


Peu à peu s'ouvrent entre eux des espaces de paroles et d’aveux. Mis à l’écart du monde, ils s’inventent leur propre réalité : un jeu de miroirs et de masques – ils singent "le Maréchal" à tour de rôle –, un quotidien en perte de repères qui oscille entre le duel et
le duo, habité par l'esprit du tyran manipulateur de leur peuple et de l’Histoire, comme l’a été Mobutu au Zaïre.


Et "c'est cet espace et ce temps enclavés qui donne toute sa force au texte, cette distance entre le monde extérieur, la vie calme d’un quartier en Occident, et les forces qui se nouent et se dénouent à l’intérieur de la villa." souligne Jean-Yves Ruf, dont de récentes mises en scène ont été applaudies au Théâtre de Vidy-Lausanne et aux Opéras de Paris et de Rennes.


Le face-à-face de deux bouffons tragiques, qui illustre avec force une histoire universelle : celle des rapports de force qui règnent au coeur du genre humain.


Salle Ravel  / 
Tarif 1

Revue de presse

Quelle différence existe-t-il entre régner sur un pays ou régner sur une personne ?
Quelles forces régissent l’attitude du dominé et celle du dominant ? (…) Toute cette matière, je cherche à l’aborder avec un goût prononcé pour le jeu et même un faible avoué pour cette cascade qui sait trouer le silence : le rire.

René Zahnd

Evénements liés

Distribution

de René Zahnd
mise en scène Jean-Yves Ruf

avec Habib Dembélé
Hassane Kassi Kouyaté

Retour à la page précédente