Reporter atypique, poète des images, ami de Prévert et auteur de livres célèbres, Izis reste néanmoins aujourd’hui encore trop mal connu. Cette exposition répare cet oubli en faisant découvrir, grâce aux archives de Paris Match, ses photographies de reportages, inédites pour la plupart, réalisées en France et à l’étranger.
La centaine de clichés présentée aborde des thèmes aussi variés que les réfugiés des années 50, la Casbah d’Alger, les catastrophes des mines de l’Etançon, des portraits de personnalités (Orson Welles, Renoir, Marcel Aymé, Léautaud…) ou encore les fêtes populaires du 14 juillet à Paris. On retrouve dans les images d’Izis la douceur attentive de son regard et cette distance au monde qui lui est si particulière, entre respect et émotion. En 1951, Izis était de ces « Cinq photographes français » qui exposaient au MoMA de New-York, entre Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis.
Une exposition exceptionnelle qui rend hommage à l’un des photographes les plus marquants de sa génération. Visites de l'exposition :du mardi au vendredi de 13 h à 18 h le samedi de 14 h à 18h et les soirs de spectacle
Catalogue de l’exposition disponible à la vente crédit photo : Izis / Paris Match / Scoop Grande Galerie
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Revue de presseLe Figaro
"Beau visage, profil noble, Izis
incarne avec élégance tout le charme de la vieille Europe centrale qui
mêle courtoisie, virilité et un certain détachement. Ce photographe
discret, caché sous le pseudonyme d'«Izis», qui pourrait évoquer la
déesse égyptienne, ou, à défaut, une femme, est un homme posé qui fait
face en égal à un monstre sacré. Boutonné jusqu'au col comme un écolier
aux cheveux blancs, le sourcil hérissé et l'œil piqué de curiosité,
Chagall l'écoute en son atelier du quai d'Anjou, le plus privé de l'île
Saint-Louis, en 1969. Six ans plus tôt, le peintre n'a autorisé qu'Izis à
le regarder travailler sur le plafond de l'Opéra de Paris. Et à le
photographier, tout petit devant son grand œuvre. (...)
Izis, pseudonyme public comme un slogan et homme méconnu. Reporter de Paris Match
élu par ce peintre rude et réputé sans partage. (...) Comment
peut-on disparaître, corps et âme, dans le tintamarre de la célébrité ?
(...)
Izis, dont le livre Le Paris des rêves, publié en 1950, fut
réédité seize fois et vendu à 170.000 exemplaires, record qui laisse
rêveur. Pourtant, aujourd'hui, qui, dans le monde de la photographie
française, citerait Izis avant Doisneau, Cartier-Bresson, Lartigue ? «Inconsolable mais gai.» C'est par une phrase de L'Hurluberlu d'Anouilh que son fils Manuel Bidermanas, (...) décrit son père : «Homme angoissé, hanté par
son passé, sans doute désespéré, mais pas amer, capable de voir ce qui
est beau, d'avoir l'humour d'un pitre.» Né Izraël Biderman en 1911 dans
une Lituanie misérable sous contrôle russe (le «z» de son prénom est dû à
une erreur d'état civil), devenu Izraëlis Bidermanas à l'indépendance,
en 1918, il est surnommé le «rêveur» à l'école hébraïque. C'est ce trait
d'enfance qui frappe le plus (...). Cette propension à la distance
poétique, on la retrouve dans ses photos vagabondes sur les quais de
Seine où les dormeurs s'enroulent autour des bornes d'amarrage, comme
des blessés ou des lutins. Émigré sans le sou à Paris, exploité comme travailleur clandestin
dans des laboratoires photographiques qui le laissent parfois dormir sur
place, survivant en zone libre au moment où sa famille lituanienne est
assassinée par les nazis, Izis est un héros triste à la Dickens. Son
innocence est finalement récompensée. Ses portraits des maquisards,
francs, nets, secrets, ont tous quelque chose d'un autoportrait."
Evénements liésOctobre-décembre / Collège, Lycée Atelier En lien avec l’exposition, cet atelier, mené par un artiste professionnel, propose de découvrir le reportage photographique à travers toutes ses composantes : technique de construction narrative, art de la photographie, milieu de la presse d’actualité. | DistributionExposition conçue et réalisée par la Maison de la Photographie Robert Doisneau-Gentilly
VERNISSAGE LE SAMEDI 2 OCTOBRE A 17h |